LA MAISON ANCESTRALE DES KEROUAC A HUELGOAT

 

Où se trouve cette maison à Huelgoat ?

Est-il possible de la localiser ?  

Depuis peu, on peut lire çà et là, de façon formelle, que la maison des ancêtres de Jack Kerouac serait une belle longère datée de 1668 proche de l'église. Une plaque y a même été apposée courant 2012, comme pour venir certifier l'authenticité de l'information.

S'il ne fait aucun doute que cette bâtisse est parmi les plus anciennes d'Huelgoat, il n'en reste pas moins que les preuves manquent pour déterminer les noms de ses propriétaires ou habitants à l'époque qui nous intéresse. Et a fortiori pour affirmer que les Le Bihan de Kervoac auraient pu en être propriétaires en 1702, date de la naissance d'Urbain-François Le Bihan, auteur de la branche Kerouac en Amérique.

Dans la foulée de cette information, divers habitants d'Huelgoat ont trouvé utile d'apporter leurs propres lumières à la résolution de cette énigme.

Faisant fi de toutes les recherches déjà entreprises, l'un d'entre eux affirme désormais que la maison familiale se situait rue des Cendres, mais sans pour autant présenter le moindre document historique ou généalogique en guise de preuve de ces nouvelles prétentions. Juste pour le plaisir de dénigrer et de contredire ceux qui ont réellement travaillé sur le sujet.

À quand de nouvelles révélations ?

Apparemment le sujet intéresse et risque de faire couler beaucoup d'encre encore...

Car si Jack Kerouac figure parmi les descendants d'Urbain-François Le Bihan de Kervoac, on compte plus de 5000 autres porteurs des patronymes Kerouac ou Kirouac au Canada et aux U.S.A. susceptibles d'effectuer un voyage retour aux sources à Huelgoat.

Pour mémoire, Urbain-François Le Bihan de Kervoac, ancêtre de Jack Kerouac, est né en 1702 dans la petite cité bretonne. Fils et petit-fils d'un notaire royal, il s'apprête lui aussi à exercer au sein d'une juridiction en Bretagne lorsque le destin en décide autrement. Au cours d'une noce trop bien arrosée en 1720, il se retrouve accusé de vol et de tentative de viol. Il n'a d'autre choix que de quitter sa Bretagne natale. Le Canada, alors Nouvelle-France, devient sa terre d'exil. Il y fonde une famille sous un faux nom (Le Bris) mais conserve la particule familiale de Kervoac, qui deviendra Kerouac ou Kirouac.

Compte-tenu de la documentation très lacunaire pour la période, il ne semble pas possible de retrouver cette maison avec certitude ni d'ailleurs de savoir si elle existe encore.

À défaut, il est permis d'affirmer que la famille Le Bihan de Kervoac était établie sur la grande place, à droite de l'église lorsqu'on se trouve devant sa façade. Certains documents de 1713, et années suivantes, ayant mis en évidence que le notaire était le second contribuable de la place en partant de l'église, la logique voudrait que l'emplacement de la demeure familiale soit l'actuelle librairie-presse. Mais pourquoi pas aussi sa voisine, anciennement commerce de vin en gros ?

Sauf à retrouver de nouveaux documents d'archives, ces hypothèses ne pouvant non plus être vérifiées, il convient de se garder de toute affirmation qui ne serait que pure fantaisie.


Patricia Dagier



 

Rôle des Fouages de Berrien 1713  (Archives départementales du Finistère 20 G 3)  

"Le Sr de K/voac et belle Soeur" figurent en seconde position dans "Le tour de la grande place" 

Ce document apporte la preuve que les parents d'Urbain-François Le Bihan étaient établis sur la grande place à Huelgoat.

François-Joachim Le Bihan de Kervoac exerçait sa profession de notaire à son domicile mais également chez les particuliers auprès desquels il se rendait à cheval pour établir des inventaires, contrats ou autres actes entrant dans ses compétences.



Louis Le Bihan de Kerscau, frère cadet de François-Joachim Le Bihan de Kervoac, auteur de la branche de Kerscau, figure également sur ce document, apparemment de l'autre côté de la place sous l'appellation "Le Sr Le Bihan".

Notaire, comme son frère, il est taxé à hauteur de 1 sol alors que son aîné et sa belle-soeur doivent régler 5 sols. 

Les impôts étant en principe déterminés en fonction des revenus et signes extérieurs de richesse de chaque chef de famille, on en déduira que le train de vie de l'aîné était largement supérieur à celui de son jeune frère. Avec sans doute aussi une demeure plus imposante que celle de son cadet.

Il reste à trouver les dites maisons.



Les documents cadastraux confirment que la branche Le Bihan de Kerscau, qui prospère à Huelgoat sur plusieurs générations, est propriétaire de deux maisons proches de l'église en 1835, notamment de la longère présumée être le berceau de la famille Le Bihan de Kervoac.

À ce jour, il n'a pas été déterminé comment ces maisons étaient entrées dans son patrimoine mais la possibilité que ce soit par héritage des Le Bihan de Kervoac doit être exclue, les Le Bihan de Kerscau n'ayant aucun droit sur les héritages de leurs cousins de Kervoac.

Les biens de François-Joachim Le Bihan de Kervoac ont par ailleurs été répartis entre ses enfants après son décès en 1727 tel qu'il a par ailleurs déjà été expliqué.



UNE PIERRE AU NOM DES KEROUAC

Nul besoin de nouvelle plaque commémorative pour rappeler l'origine des Kerouac à Huelgoat.

François-Joachim Le Bihan de Kervoac s'en est chargé pour sa postérité.

Alors qu'il s'était vu confier la charge de la fabrique de l'église Saint-Yves, le père d'Urbain-François Le Bihan a fait graver son nom sur l'église en 1698.

 



 

Si vous souhaitez communiquer à ce sujet, recevoir un complément d'information sur les archives retrouvées ou si vous détenez des documents susceptibles de déterminer le lieu de vie des Kerouac en 1702 à Huelgoat, vous pouvez m'écrire :

patricia.dagier@wanadoo.fr



Pour en savoir plus sur cette formidable enquête sur la généalogie de Jack Kerouac :

Le véritable trésor de Clément Kirouac, 2008, Patricia Dagier (S'adresser à l'auteur : patricia.dagier@wanadoo.fr)

Jack Kerouac, Breton d'Amérique, 2009, Patricia Dagier et Hervé Quéméner Editions Le Télégramme

kerouac.monsite-orange.fr

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